« OGM cachés » : des relents idéologiques alarmants

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Révisé en août 2019

En 2010, les «faucheurs volontaires» d’OGM, sans doute très déçus de ne plus avoir d’OGM à se mettre sous la faux (ils avaient été interdits à la culture en France), ont fait une nouvelle trouvaille qu’ils ont dénommée «OGM cachés» ou «OGM clandestins». Elle est effarante pour tout généticien, surtout s’il spécialisé, comme c’est mon cas, dans l’étude des mécanismes de variabilité génétique. Effarante mais aussi inquiétante car l’idéologie sous-jacente est loin d’être neutre, et à plusieurs titres comme nous le verrons. Sur les origines et les motivations de ce mouvement des faucheurs volontaires, on pourra se reporter au livre de Gil Rivière-Wekstein paru fin 2012 Faucheurs de science  et à l’article de ce blog : Les multiples chemins de l’antiscience .

Concrètement, de quoi s’agit-il ? Plusieurs arrachages ont été commis, notamment en juillet 2010 et juillet 2011, en Indre et Loire et à Feyzin dans le Rhône. Ils visaient deux variétés de tournesol.  Continuer la lecture

OGM : fantasmes et réalités

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Révisé  en août 2019

INTRODUCTION

Depuis les années 90, une controverse aussi vive que confuse rend incompréhensible la question des OGM pour le grand public. Ce qui n’était au départ qu’un simple débat est devenu une violente polémique où se mêlent positions passionnelles et manipulations politiques et mercantiles sur fond de désinformation abyssale. Plus grave : on en arrive à des dérives antiscience violentes qui sont traitées dans d’autres articles de ce blog, voir notamment ici.
Pour tenter de replacer le débat dans un cadre rationnel, il est au minimum indispensable de dissocier les aspects scientifiques et les questionnements socio-économiques et éthiques.
1) L’aspect scientifique comporte lui-même deux volets. L’un relève directement de la Génétique : les OGM représentent-ils quelque chose de radicalement nouveau dans le monde vivant, comme certains le disent ? Ce sera l’objet de la première partie. L’autre concerne leurs risques et avantages éventuels et sera abordé dans la deuxième partie.
2) L’aspect socio-économique porte surtout sur le problème du brevetage qui concerne tout autant, sinon plus, la médecine que l’agronomie. Il fera l’objet de la troisième partie et de l’annexe.

Ces deux aspects, scientifique et socio-économique, sont constamment amalgamés dans le débat public, parfois par simple confusion, souvent par volonté délibérée. Il est très regrettable que cet amalgame soit également entretenu par certains scientifiques qui, ne sachant pas (ou ne voulant pas) faire la part de la science et du militantisme politique, contribuent délibérément à brouiller les cartes.

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