Comment les organismes vivants protègent leur ADN

résumé

On sait depuis déjà longtemps que les bactéries réagissent aux agents mutagènes par une réponse adaptative qui stimule les gènes de réparation de l’ADN. Nous allons voir ici des expériences sur des animaux et des plantes montrant une stimulation analogue suite à des doses modérées de rayonnements, qui ont donc des effets bénéfiques sur l’organisme. Ceci nous amènera à évoquer le cas a priori surprenant de la zone interdite de Tchernobyl, spontanément devenue une réserve d’animaux sauvages. Pour terminer nous évoquerons l’interminable et parfois vif débat sur l’existence même de cette réponse adaptative, que les toxicologues dénomment aussi « hormesis ».

Introduction

Dans un article écrit pour l’Encyclopédie de l’environnement : « Le génome entre stabilité et variabilité » , je signalais l’existence de mécanismes qui stimulent l’efficacité des réparations de la molécule d’ADN suite à des anomalies de structure (lésions) provoquées par des agents mutagènes (génotoxiques). Dans le cadre de cette encyclopédie, il n’était pas possible de développer ce sujet.
Je me devais d’y revenir dans ce blog. D’une part parce que ce fut le thème de recherche de mon équipe de Marseille-Luminy, pendant une dizaine d’années. D’autre part parce qu’il s’agit d’un sujet important, notamment en biologie fondamentale et en radiothérapie anti-cancéreuse. Pour rester accessible à un large public, objet même de ce blog, je me focaliserai sur l’essentiel. Les biologistes qui seraient intéressés trouveront des liens vers les publications scientifiques. Lire la suite

ADN partout… ADN nulle part… perplexité d’un généticien

Comme on peut s’en douter à la lecture du titre, ce texte est écrit sur le mode humoristique, je ne vois pas d’ailleurs de quelle autre façon pourrait être traité un pareil sujet même si, tout compte fait, ce qui en ressort n’est pas vraiment réjouissant. Comme dit la chanson de Jean Ferrat : « Faut-il pleurer, faut-il en rire ? … ». A chacun de juger. Lire la suite

« OGM cachés » : des relents idéologiques alarmants

Citation

Révisé en août 2019

En 2010, les «faucheurs volontaires» d’OGM, sans doute très déçus de ne plus avoir d’OGM à se mettre sous la faux (ils avaient été interdits à la culture en France), ont fait une nouvelle trouvaille qu’ils ont dénommée «OGM cachés» ou «OGM clandestins». Elle est effarante pour tout généticien, surtout s’il spécialisé, comme c’est mon cas, dans l’étude des mécanismes de variabilité génétique. Effarante mais aussi inquiétante car l’idéologie sous-jacente est loin d’être neutre, et à plusieurs titres comme nous le verrons. Sur les origines et les motivations de ce mouvement des faucheurs volontaires, on pourra se reporter au livre de Gil Rivière-Wekstein paru fin 2012 Faucheurs de science  et à l’article de ce blog : Les multiples chemins de l’antiscience .

Concrètement, de quoi s’agit-il ? Plusieurs arrachages ont été commis, notamment en juillet 2010 et juillet 2011, en Indre et Loire et à Feyzin dans le Rhône. Ils visaient deux variétés de tournesol.  Lire la suite

OGM : fantasmes et réalités

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Révisé  en août 2019

INTRODUCTION

Depuis les années 90, une controverse aussi vive que confuse rend incompréhensible la question des OGM pour le grand public. Ce qui n’était au départ qu’un simple débat est devenu une violente polémique où se mêlent positions passionnelles et manipulations politiques et mercantiles sur fond de désinformation abyssale. Plus grave : on en arrive à des dérives antiscience violentes qui sont traitées dans d’autres articles de ce blog, voir notamment ici.
Pour tenter de replacer le débat dans un cadre rationnel, il est au minimum indispensable de dissocier les aspects scientifiques et les questionnements socio-économiques et éthiques.
1) L’aspect scientifique comporte lui-même deux volets. L’un relève directement de la Génétique : les OGM représentent-ils quelque chose de radicalement nouveau dans le monde vivant, comme certains le disent ? Ce sera l’objet de la première partie. L’autre concerne leurs risques et avantages éventuels et sera abordé dans la deuxième partie.
2) L’aspect socio-économique porte surtout sur le problème du brevetage qui concerne tout autant, sinon plus, la médecine que l’agronomie. Il fera l’objet de la troisième partie et de l’annexe.

Ces deux aspects, scientifique et socio-économique, sont constamment amalgamés dans le débat public, parfois par simple confusion, souvent par volonté délibérée. Il est très regrettable que cet amalgame soit également entretenu par certains scientifiques qui, ne sachant pas (ou ne voulant pas) faire la part de la science et du militantisme politique, contribuent délibérément à brouiller les cartes.

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